Investir en bourse avec les ETF (ou trackers)

Hello les épargnants !

Je ne sais pas pourquoi cet article n’arrive que maintenant. Les ETF constituent mon principal support de placement et pourtant je n’en avais jamais dédié un article jusque-là. Vous aviez quelques infos dispo dans mon article « Comment investir selon ses projets« , mais je trouve que ce n’est pas complet.

Alors leçon du jour : investir en Bourse facilement, simplement et en y consacrant que quelques minutes par mois. Pour cela, il existe un support incroyable : les trackers ou ETF (« Exchange-Traded Fund ») ou fonds indiciels. Ce sont des fonds de placement avec une belle performance pour la plupart et dont la gestion est complètement passive. Puisqu’ils répliquent un indice boursier, c’est un placement diversifié. Les indices générales (MSCI World par exemple) sont aussi très peu volatiles. Ces ETF là combinent donc tous les avantages de la Bourse en limitant les inconvénients.

Qu’est-ce qu’un ETF ?

Tout d’abord, un fond de placement c’est comme un portefeuille qui achète des actions, c’est-à-dire des parts d’entreprise. Imaginons un fond qui capitalise 1 million d’euros. Ce montant est réparti sur plusieurs actions, donc investi dans diverses entreprises. Je suis sûr que vous avez déjà entendu parler de Rothschild. Il y en a plein d’autres : Carmignac, JP Morgan, SwissLife, etc. Ce sont généralement des humains derrière, qui achètent et vendent selon leur stratégie et les variation du marché.

Un ETF est un fond d’investissement spécial : il réplique un indice boursier. Prenons le cas du CAC 40, l’indice des 40 entreprises françaises ayant le plus gros capital. Un ETF qui réplique le CAC 40 sera donc investi dans des actions de ces 40 entreprises, avec différentes proportions.

Mais il n’y a pas autant d’ETF que d’indices. Eh non Jamie, des ETF il y en a des centaines, gérés et commercialisés par des sociétés de gestions d’actifs. Ces sociétés créent leurs propres ETF. Les plus connues sont Amundi, Lyxor, Vanguard, iShares. C’est pourquoi vous trouverez plusieurs ETF répliquant le CAC 40 par exemple.

Aussi, un ETF suit donc « bêtement » un indice. Ce ne sont pas des hommes derrière, mais des robots. D’où l’avantage que j’énumère plus bas.

Vous allez investir dans un ETF comme si vous investissiez dans une seule entreprise. En achetant une seule part de ce fond, vous investissez finalement sur des dizaines voire des centaines d’entreprises. Le risque de votre investissement est alors lissé. Comme dit l’adage : ne surtout pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

3 avantages d’investir en ETF

#1 C’est de l’investissement passif

Investir de façon active, c’est faire du « stock picking ». Choisir telle ou telle action, décréter qu’elle est intéréssante puis l’acheter. Analyser régulièrement son portefeuille pour identifier des actions à vendre. Cela prend du temps et peut aussi être stressant. Vous pouvez doutez de votre stratégie et sacrifier ainsi des nuits.

A l’inverse, investir dans un fond et notamment un ETF est passif. Vous investissez sur le long-terme, dans quelque chose qui va de toute façon prendre de la valeur. Vous savez que votre stratégie est gagnante au final. Pas de stress. Quelques clics par mois. Tout est regroupé dans une seule ligne. Puisqu’il existe quelque chose de simple, efficace et fiable pour investir en Bourse, pourquoi s’en priver ?

#2 Les coûts sont plus faibles qu’avec d’autres fonds

Investir dans un fond indiciel vous coûtera moins cher que d’investir dans un fond classique ou dans des titres vifs (là où vous choisissez vous-même d’acheter telle ou telle action).

Puisque la gestion d’un ETF est réalisée par des robots, les frais de gestion sont faibles. Par exemple, l’ETF Monde bien connu d’Amundi (le « CW8 ») a des frais de gestion de 0,38% par an et celui de Lyxor c’est 0,45%.

De plus, investir dans un fond et notamment un fond indiciel vous fera gagner de l’argent sur le courtage. Je m’explique.

Vous avez plusieurs moyens d’investir dans des fonds comme l’Assurance-Vie ou le PEA. Si vous choisissez de passer par un PEA, vous aurez des frais à chaque achat ou vente de titres : c’est ce qu’on appelle les frais de courtage, destinés à financer votre courtier. Exemples de courtiers : Fortuneo, Boursorama.

Si vous choisissez vous-mêmes des actions individuelles (« titres vifs »), c’est-à-dire que vous faites du « stock picking », alors vous devrez passer plusieurs ordres et à chaque ordre vous acquitter des frais de courtage. Par exemple, Fortuneo dans son offre de base pour PEA facture 1,95€ chaque ordre inférieur à 500€ puis 3,90€ pour les ordres jusqu’à 2000€. A la fin de l’année, ça pèse lourd.

Frais de courtage Fortuneo basique

En achetant un ou plusieurs titres d’un ETF chaque mois, vous ne paierez qu’une seul fois ces frais de courtage puisque vous ne passerez qu’un seul ordre. Pour au final investir dans des dizaines/centaines d’entreprises.

#3 Le risque est lissé

Comme évoqué au-dessus, les ETF et leur indice sont répartis sur des dizaines voire des centaines d’entreprises. Dans le lot, si l’une d’elle va mal, la répercutions est minime, vous la sentirez à peine voire par du tout. Je parle par exemple de l’indice MSCI World, investi sur des centaines d’entreprises du monde entier.

Attention, il existe des ETF géographiques (Europe, USA, Asie, pays émergents, etc.) et des ETF sectoriels (nouvelles technologies, énergies, télécoms, etc.). Pour ceux-là, le risque est plus élevé. Par exemple, quelqu’un qui avait investi sur un ETF du secteur aérien avant la crise du COVID-19 l’a bien senti.

Ces ETF là sont donc risqués, et sont plutôt des ETF de conviction. Pour une approche plus pragmatique, il vaut mieux miser sur les ETF vastes, moins sensibles aux évènements externes. Le MSCI World est le meilleur exemple : c’est selon moi le moins risqué. Il est investi dans tous les secteurs, toutes les zones géographiques. Là, on est sur un panier par œuf.

Comment investir en ETF ?

Les fonds indiciels sont disponibles à l’achat sur trois types de support : la sacro-sainte Assurance-Vie, le PEA et le Compte-Titre (CTO).

CTO et PEA sont assez similaires, mais le PEA est plus restrictif : le plafond est fixé à 150 000€, votre argent est bloqué pendant 5 ans (sinon, fermeture et revente des titres) et seulement certains titres sont éligibles (actions européennes). En contrepartie, vous n’êtes pas imposé sur les Plus-Values réalisées tant que ça reste dans le PEA, et après 5 ans de détention vous ne paierez que les prélèvements sociaux (= moitié moins d’impôts). Parenthèse fermée.

Avec le CTO, vous paierez donc pas mal d’impôts sur vos plus-values, pas ouf. Et avec l’Assurance-Vie, vous paierez les frais décris plus hauts ainsi que les frais de gestion d’Unité de Compte (UC) propres à l’Assurance-Vie.

Le PEA reste donc, à mon avis, le support le plus intéressant. J’ai pour ma part ouvert un PEA en 2020 chez Fortuneo, qui me fait office de banque et de courtier en même temps. Il y aussi Boursorama ou encore Bourse Direct pour ne pas les citer.

Pour investir dans des ETF à travers le PEA, il faut d’abord placer de l’argent sur le PEA : celui-ci sera mis sur une poche en espèce, un truc liquide, de l’argent non investi. Voilà pour la first step.

Fonctionnement d’un PEA

Ensuite, au rythme que vous souhaitez, vous pourrez acheter des titres d’ETF : 1, 2, 3, 10, 50… Vous verrez, certains titres d’ETF sont à 300€ quand d’autres sont à 15€. Tout dépend du gestionnaire et de sa gestion, mais aussi de l’ancienneté de l’ETF.

Sachez qu’il y a deux écoles pour acheter des ETF lorsqu’on possède déjà un petit pactole à investir. Il y a la méthode Dollar-Cost Averaging (DCA) et le Lump Sum Investment (LSI). La première, c’est lisser l’investissement en répartissant un peu tous les mois/trimestres/années, pour ainsi répartir le risque de perte. La seconde consiste à investir tout d’un coup. Je vous laisse vous renseigner mais dans le cas des ETF, le LSI c’est pas si mal.

Je vous décrirai step by step comment passer des ordres sur son PEA dans un prochain article, mais retenez que c’est comme pour faire ses courses en ligne : on appuie sur « + » pour passer un ordre d’achat et sur « – » pour vendre 😉

Ma méthode et mon portefeuille

Personnellement, quand j’ai ouvert mon PEA, j’avais à peu près 5000€ à investir en ETF. J’ai choisi de tout investir d’un coup, sans lisser l’investissement donc.

Depuis, chaque mois, j’investis entre 500 et 1000€ sur des ETF via mon PEA, en plus de ce que je met sur une Assurance-Vie. Mon matelas de sécurité étant déjà constitué, je privilégie maintenant les ETF.

J’ai investi sur quatre ETF :

  • MSCI World de Amundi (≈ 65%) : l’indice monde, risque lissé au max. le titre est cher, 340€ au moment où je vous écrit.
  • MSCI World de Lyxor (≈ 15%) : même indice mais gestionnaire différent. Le titre est bon marché car l’ETF est plus récent : 24€. Pratique quand on a un petite somme à investir.
  • Russell 2000 de Amundi (≈ 10%) : l’indice des petites capitalisations américaines.
  • Emerging Markets de Amundi (≈ 10%) : l’indice des pays émergents.

Comme vous le voyez, mon patrimoine mobilier est principalement investi en ETF Monde. Cela me permet d’aborder la Bourse en « bon père de famille » (je n’ai aucun enfant pourtant, enfin je ne crois pas). Je sais que mon patrimoine prend de la valeur à hauteur de 7-8% par an sans des risques disproportionnés. Attention, on parle de Bourse, donc ça restera toujours risqué. Je rappelle que tout cet argent investi je n’en ai pas fondamentalement besoin.

Concrètement, chaque mois, j’investi en ETF 80% de mon épargne soit environ 1000€. Cette somme est ensuite répartie entre le MSCI World, l’Emerging et le Russell 2000. Mon objectif est d’obtenir en continue les proportions suivantes : 80-10-10%. Apparemment, c’est comme ça qu’on peut se rapprocher le plus du marché réel.


Bref, je suis encore bluffé par les ETF. C’est quand même un super bon plan : les avantages de la Bourse (rendement, liquidité) sans les inconvénient (grande volatilité). En plus, j’investi sereinement car je sais que la performance sera meilleure qu’avec des fonds de placements traditionnels ou qu’un portefeuille de titres vifs (en achetant moi-même chaque action de l’indice).

Je vous laisse vous faire votre avis et on en reparle 😉 N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire !