Comment investir selon ses projets

Atteindre un objectif financier c’est un vrai projet. Vous aurez besoin de ressources humaines et techniques, de plans d’actions, de jalons, de délais, de roadmap.

Et comme avant tout kick-off de projet, il y a la partie amont : le cadrage. Il faut commencer par définir son besoin puis trouver une solution. Avec la finance personnelle, c’est la même chose. Avant de vous lancer dans la gestion de votre fortune, posez-vous les bonnes questions : quel est mon patrimoine actuel ? comment est-il réparti ? vais-je devoir l’utiliser bientôt ? Toutes ces réflexions vous permettront de trouver la bonne solution et d’élaborer la bonne stratégie en fonction de vos objectifs personnels.

Dans cet article, je vais donc aborder cette partie primordiale dans la gestion financière : la stratégie. Mais d’emblée sachez qu’il y aura autant de stratégies que d’épargnants.

Quel est mon profil d’épargnant ?

Avant de commencer à s’imaginer millionnaire, c’est la première chose à faire : se demander où vous en êtes niveau épargne. Si vous avez suivi mes conseils pour moins dépenser, vous avez alors un tableau Excel avec toutes vos dépenses mois par mois (je vous conseille de tout regrouper sur une seule feuille d’ailleurs).

Rajoutez trois lignes en-dessous : celle des revenus (ce que vous avez gagné ce mois-ci) puis celle de l’épargne. Cette ligne-là sera simplement la soustraction du montant de vos revenus par le montant de vos dépenses. En gros, c’est la somme de ce qu’il vous reste à la fin du mois. La troisième ligne sera le taux d’épargne (total épargne/total revenus). En format %, c’est mieux. Bravo, vous avez créez un KPI !

Faites ça pour deux/trois mois minimum et calculez votre taux d’épargne moyen. Pour info, le taux moyen des français en 2011 d’après l’INSEE était de 17%. Les plus modestes, c’était 7% en moyenne et les plus aisés 28%. Personnellement, mon taux moyen des 8 derniers mois est de 47% (oui, c’est beaucoup, mais c’est parce que j’ai un train de vie frugale).

Si votre taux est de 0% ou en-dessous, ne vous faites pas de mal et ne continuez pas l’article. Je vous invite en revanche à lire cet article que j’ai écris sur comment réduire ses dépenses.

Etape 1 : Le B.A.-BA de l’épargnant

Finalement, savoir si vous êtes un épargnant modèle ou un flambeur ne vous apporte pas grand chose à part vous placer par rapport à la moyenne. Avant d’investir sur un super coup que votre cousin vous à recommandé, vous devez au moins vérifier deux pré-requis. Ces deux-là sont la BASE de l’investissement.

1 – La poche de nécessité : c’est celle qui vous sert au cours de l’année, à tout moment, pour un achat exceptionnel, type costume ou ordinateur. Je vous conseille 1 à 3 mois de dépenses selon votre profil, c’est amplement suffisant. Dites-vous que c’est de l’argent que vous n’aurez sans doute pas à utiliser. Où ça ? Sur un livret liquide, type Livret A ou Livret Jeune. Comme ça, en 24h max ils sont sur votre compte courant, sans frais et en entier.

2 – La poche de secours : c’est celle qui sert en cas de coup dur, type grosse réparation de voiture, décès, mariage, naissance ou chômage inopiné. Personnellement, j’ai gardé 6 mois de dépenses en mode « survie » au cas où je me retrouve au chômage. C’est à vous d’estimer les dépenses potentiellement à venir.. Pour ce placement, il faut également quelque chose de liquide. En revanche, puisque ces dépenses peuvent attendre quelques jours en général, pourquoi pas envisager un fond en euros sur une bonne assurance-vie : capital garanti (aucun risque de pertes), rendement meilleur, retrait en 72h sans frais. Que du bonheur.

Etape 2 : Commencer à s’amuser

Ok donc en résumé vous mettez de l’argent de côté chaque mois et là c’est bon, vous avez réussi à constitué une réserve plus ou moins liquide sur un Livret A et/ou une assurance-vie.

Qu’allez-vous faire de tout cet oseille qui arrive à la fin du mois ? Tout dépend de votre horizon de placement. Mais puisque vous avez constitué une réserve pour le court terme, intéressons-nous maintenant au moyen et long terme.

Si vous souhaitez faire travailler au max votre argent, vous allez devoir subir un risque de perte. Il n’existe pas de placement vraiment rentable sans risque ! Mais bonne nouvelle : plus les années passent, plus ce risque est lissé et finalement réduit à néant. En bref, il y aura des période bonnes et des périodes moins bonnes (sacrément flippantes, on peut le dire), mais avec du recul sur 10-15-20 ans il y a davantage de périodes bonnes que pas bonnes puisque le marché est haussier sur le long terme.

Attention : quand vous faites travailler votre argent, vous ne pouvez généralement pas y toucher (ça serait trop facile !). Vous n’investissez donc que de l’argent dont vous n’avez pas besoin maintenant.

Les deux « produits » risqués les plus communs, par ordre que risque, sont :

L’immobilier

Le placement favori des français après le Livret A et l’assurance-vie. Et comme je les comprend ! En fait, il y a une raison simple : c’est l’un des seuls actifs que l’on peut acquérir à crédit et qui permet de profiter de l’effet levier. Il existe une multitude d’options pour investir en immobilier : à crédit ou non, en gestion active ou passive, en direct ou via assurance-vie, etc. Je n’aborderai les détails du sujet ici, mais voici un aperçu global de ce qui existe.

  • La pierre en dur : acheter un bien (studio, maison, immeuble, local commercial, entrepôts, etc.) et le mettre en location. Mais je vous préviens : rentier est un job à plein temps. Cela demande de la formation en amont, du temps et des réserves solides. En contrepartie, il est possible d’avoir de très beaux rendements.
  • La « pierre-papier » : les avantages de la pierre sans ses inconvénients. Vous signez et vous attendez que l’argent tombe sur votre compte. Vous vous évitez les visites, les rendez-vous chez le notaires, les négociations avec le banquier, les travaux, les relances pour les loyers impayés, etc. On parle beaucoup des Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI), mais il y aussi le crowdfunding immobilier et les Sociétés d’Investissement Immobilier Côtées (SIIC).

AvantagesInconvénients
Achat locatif •Sentiment de propriété
•Rendement potentiellement haut
•Chronophage : entretien, gestion, emmerdes, etc.
•Rendement très aléatoire
•Peu liquide : plusieurs mois pour vendre parfois
•Nombreux risques
•Diversification difficile au début
Pierre-papier•Rien à faire à part signer, payer et déclarer
•Accessible à un plus grand nombre (part de SCPI dès 500€)
•Diversification facile
•Rendements stables
•Très liquide pour la plupart des SCPI

L’avantage commun est la possibilité d’utiliser l’effet levier du crédit : on emprunte à un taux inférieur au rendement, qui permet de gagner d’avantage.

Les rendements de l’immobilier classique, la fourchette moyenne de rendement est 2%-9% pour un risque modéré et un horizon de 15-20 ans (vous pouvez toujours revendre avant, mais c’est pas toujours intelligent). Pour les SCPI, le rendement moyen est de 4,5% pour un risque modéré également et un horizon un peu plus réduit, 8 ans au minimum.

La bourse

La plupart des français restent frileux quant à la Bourse : beaucoup ont un cousin ou une amie qui a perdu beaucoup à cause de ses actions et qui a fini par tout vendre. Mais tout comme l’immobilier, il existe une multitude de solutions d’investissement.

Je sais que cette partie peut angoisser certain d’entre vous. Mais sachez que l’idée qu’on se fait de la Bourse est complètement influencée par les films et les séries. Il n’y a pas nécessairement besoin de scruter son ordinateur tout la journée pour suivre le cours de telle action.

Déjà, il faut faire la différence entre un investisseur et un spéculateur. Par exemple, les traders dans le « Loup de Wall Street » sont des spéculateurs : ils achètent en espérant revendre plus cher. Ils spéculent. Moi, je vous parle ici d’investir en Bourse : acheter des actions et y rester longtemps pour obtenir des dividendes.

Grosso modo, il existe trois supports différents pour investir en Bourse :

  • Les titres vifs : les actions directes dans une seule entreprise. C’est un investissement où il faut être actif si on veut obtenir un bon rendement. Acheter ou vendre au bon moment.
  • Les fonds actifs : les fonds classiques, géré activement les achats/reventes de titres. Pas besoin de suivre les évolutions, vous avez investi dans un fond qui s’occupe de tout et vous touchez juste les dividendes.
  • Les fonds indiciels (ou trackers, ou ETF) : ces fonds répliquent un indice, comme le CAC 40 par exemple, sans réfléchir. Pareil, c’est un investissement passif car vous n’avez rien à faire à part toucher les dividendes.

Personnellement, je n’ai ni de titres vifs ni d’actions dans un fond. Je me concentre sur les trackers car ils sont simples et ça ne me demande que quelques minutes par mois (pour acheter). C’est vraiment de la gestion passive, du « lazy investment« . Peu de frais, quasiment pas de gestion et des rendements autour de 7% annualisé sur 5 ans. Un tracker fait mieux que les fonds et pour moins cher, merci la technologie.

Je vous expliquerai dans un prochain article comment investir en Bourse facilement : quels supports utiliser en fonction de votre profil, quelles actions acheter, etc. Stay tuned!

Etape 3 : Se faire plaisir

L’autoroute du kiff. Vous en êtes à vous ennuyer avec vos SCPI et vos actions. C’est le moment de passer aux placements exotiques. Mais attention, ça reste atypique et c’est sensé être un part minime de votre patrimoine, autour de 5 à 10% max.

Un placement exotique, c’est par exemple les œufs de Fabergé, des lingots d’or, des pièces de monnaie, du vin, une Rolex, etc. Bref, c’est du concret.

Ce qui me plaît aussi, c’est le fait de pouvoir le transmettre de génération en génération.

Personnellement, je pense que l’or est l’un des meilleurs placements exotique, c’est très facile d’y investir son argent sans trop s’y connaitre et c’est plutôt bien réglementé. C’est un placement liquide (on le revend facilement) et il protège l’argent contre l’inflation (le cours est corrélé à la hausse des prix). Je vous laisse vous renseigner en attendant un article là-dessus.


Pour conclure, voilà une stratégie classique pour n’importe quel jeune investisseur. Il faut bien sûr conserver une part de liquidité et de sécurité avant de commencer à investir car on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Ensuite, c’est le moment se lancer dans deux investissements communs, la Bourse et l’immobilier, qui ont un horizon de placement minimum de 15 ans et 8 ans respectivement mais qui peuvent rapporter jusque autour de 10% si vous vous y prenez bien. Enfin, parce que l’investissement doit rester un plaisir, vous avez l’a possibilité d’acheter de belles choses qui devraient normalement gagner de la valeur avec le temps.